Balade bucolique autour du parc Montsouris

Chefs-d’œuvre architecturaux, écrins de verdure et ruelles verdoyantes se dévoilent au fil d’une balade champêtre

Lors de votre promenade partez à la découverte de trésors architecturaux et paysagers du quartier tels que l’insolite Cité Universitaire Internationale de Paris ou le parc Montsouris au style résolument anglais. Profitez-en pour admirer d’étonnantes villas qui comptent quelques-unes des plus belles constructions modernes, cachées dans d’adorables ruelles pavées.

1 /La Cité Internationale Universitaire de Paris

Maison Internationale de la Cité Universitaire de Paris

La Cité Universitaire Internationale de Paris appelé plus communément "Cité U" de Paris mérite vraiment d’être visitée, autant pour son architecture originale, que pour son atmosphère de campus américain. Dédiée à l’accueil de milliers d’étudiants, elle réunit plus de 130 nationalités et s’avère être un véritable carrefour des arts et de la culture.

Cette cité-jardin, abrite au cœur de son parc de 34 hectares, 37 maisons dont les styles architecturaux s’inspirent des pays représentés. 5 d’entre elles sont classées monuments historiques. Elles sont entourées de pelouses verdoyantes sur lesquelles se retrouvent étudiants, chercheurs et artistes venus des quatre coins du globe.

Point de départ de la visite de ce lieu unique : la splendide Maison Internationale construite dans les années 30 est une reproduction du célèbre château de Fontainebleau !

Le saviez-vous ? La Cité Internationale va s’enrichir de nouvelles maisons : la Maison de la Corée est déjà en cours de construction, suivront la Fondation de Chine et un second Pavillon de la Tunisie.

Cité internationale universitaire de Paris, 17 boulevard Jourdan – Paris 14e

La Maison de l’Argentine

Rendez-vous à la Fondation Argentine, près de la cour d’honneur de la Maison Internationale. L’édifice s’inspire des anciennes fermes "estancias" de la pampa argentine. Trois grands chênes représentant André Honnorat, Jean Branet et David David-Weill, trois hommes importants pour la Cité Internationale Universitaire trônent devant le bâtiment.

La Maison du Cambodge

Paris, Cité Internationale Universitaire, pavillon du Cambodge © OTCP - Amélie Dupont

De l’autre côté de la Maison Internationale : traversez la grande pelouse pour rejoindre la Maison du Cambodge dont l’escalier extérieur est décoré de deux grandes sculptures d’Hanuman, le dieu-singe qui veille traditionnellement sur les maisons cambodgiennes.

La Fondation suisse

Côté est, près du Stade Dalmasso, se trouve la Fondation suisse. Cette barre d’habitation sur pilotis a été réalisée par le plus célèbre des architectes suisses : Le Corbusier qui a mis en pratique ses principes théoriques de l’habitat collectif. Le mobilier quant à lui est signé Charlotte Perriand.

Le saviez-vous ? Le bâtiment se visite. À voir notamment : la chambre 105, chambre témoin du 1er étage, et le Salon courbe avec ses murs courbes et sa fresque picturale.

La Maison du Brésil

La Maison du Brésil, barre d’habitation colorée, porte également la marque de Le Corbusier, qui a cette occasion a réalisé ce projet en collaboration avec l’architecte brésilien Lucio Costa.

Le Collège néerlandais

Profitez de la balade pour admirer l’un des chefs-d’œuvre de la Cité U : le Collège néerlandais situé à l’ouest du domaine. Avec sa tour d’angle évoquant les beffrois des villes du nord des Pays-Bas, ses volumes géométriques imbriqués les uns dans les autres et sa façade épurée, c’est un très bel exemple du courant architectural moderniste des années 20.

Le saviez-vous ? Le Collège néerlandais est la seule œuvre française de Willem Marinus Dudok, grand architecte hollandais de l’entre-deux-guerres.

La Fondation Deutsch de la Meurthe

Cité Internationale - L/Oblique - Bâtiment, Paris © CIUP

En revenant vers la Maison Internationale, découvrez la toute première maison de la Cité U : la Fondation Deutsch de la Meurthe. Il s’agit d’un ensemble de sept beaux pavillons aux allures de collège anglais.
Inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, elle a vu le jour en 1923 à l’initiative d’Émile Deutsch de la Meurthe, riche industriel français (groupe Shell), d’après les plans de l’architecte Lucien Bechmann.

2 / Le Parc Montsouris

Parc Montsouris, Paris © OTCP - Marc Bertrand

Continuez cette balade en suivant les étudiants de la Cité Universitaire jusqu’à leur lieu de détente favori : le parc Montsouris. De l’autre côté des Maréchaux, pénétrez dans ce grand jardin à l'anglaise par l’entrée de la rue Émile Deutsch de la Meurthe.

Construit sous le Second Empire sur un terrain vague où n’habitaient plus que des rongeurs (d’où son nom), le parc Montsouris c’est 15 hectares de pelouses et de bosquets, des milliers d’arbres centenaires dont certains sont hauts de plus de 30 mètres et un lac artificiel où cygnes et canards ont élu domicile.

C’est aussi l’une des plus belles créations de Jean-Charles Adolphe Alphand, responsable du service des Promenades et des Plantations du baron Haussmann à qui l’on doit également les bois de Boulogne et de Vincennes, le parc Monceau et les Buttes-Chaumont.

Le saviez-vous ? Le méridien de Paris passe dans le parc Montsouris. Il est représenté par la Mire du Sud que vous trouverez le long de l’avenue de la Tunisie (la Mire du Nord est à Montmartre).

Pour connaître tous les secrets du Parc Montsouris, réservez une balade ludique et éclairée avec Explore Paris.

Parc Montsouris, 2 rue Gazan – Paris 14e

3 / La Villa Guggenbühl

Villa Guggenbühl, Paris

En sortant du parc, retrouvez la rue Nansouty qui vous mène à des rues pavées au cœur desquelles se cachent des chefs-d’œuvre de style moderne. Une véritable leçon d’histoire de l’architecture des années 20 et 30 à ciel ouvert !

Au n°2 de la rue Georges Braque, la spectaculaire Villa Guggenbühl reconnaissable entre toutes grâce à sa couleur ocre rouge et à son emblématique terrasse surplombée d’un auvent percé. C’est l’œuvre d’André Lurçat, prolifique architecte et l’un des plus grands représentants de l'architecture moderne avec Le Corbusier.

Le saviez-vous ? André Lurçat a fait construire cette villa-atelier en 1927 pour son ami le peintre suisse Walter Guggenbühl.

Villa Guggenbühl, 14 rue Nansouty – Paris 14e

4 / Square de Montsouris

Dans cette allée résidentielle envahie par les herbes folles et la vigne vierge, de modestes maisons en briques rouges des années 20 côtoient ateliers d’artistes et villas Art Déco.

Arrêtez-vous devant le numéro 2 : la Maison Gaut est un très bel exemple des principes architecturaux du Mouvement Moderne. Elle est signée par Auguste Perret, le célèbre architecte français à qui l’on doit notamment le centre-ville du Havre.

Au numéro 6 : une étrange maison qui mêle colombages et vitraux est l’œuvre de l’architecte Gilles Buisson qui a fait construire sa maison quelques numéros plus loin (au 40). Une sculpture de Claude Bouscau "Léda et son cygne" trône devant.

Le saviez-vous ? Ces maisons sont toujours habitées. Pensez à la quiétude des riverains lors de votre balade.

Square de Montsouris : du 8-12 rue Nansouty au 51 avenue de Reille, Paris 14e

La Maison Ozenfant (Villa Reille)

Dernière maison du square Montsouris, mais pas des moindres : la Villa Reille, plus connue sous le nom de "Maison Ozenfant". Immenses verrières et façade blanche épurée, vous voilà devant l’une des premières grandes réalisations du célèbre architecte Le Corbusier commandée en 1922 par le peintre Amédée Ozenfant !

Le saviez-vous ? À l’origine, la Maison Ozenfant était couverte d’une toiture à sheds (la toiture en dents de scie des usines) qui a été remplacée par un toit terrasse, mais c’est l’unique modification qu’elle ait subie.

Maison Ozenfant, 53 avenue Reille, Paris 14e

5 / Le Réservoir de Montsouris

À la sortie du square de Montsouris, la grande butte couverte de pelouse de l’avenue Reille accueille le réservoir de Montsouris, l’un des cinq plus grands réservoirs d’eau de Paris. Sous terre : plus 200 000 m3 d’eau potable sont maintenus à une température constante de 12°C avant d’arriver dans les robinets des Parisiens.

Le saviez-vous ? La bonne qualité de l’eau du réservoir était testée par des truites. Si elles ne l’appréciaient pas, l’eau était envoyée dans les égouts. Mais ces poissons ont été mis à la retraite en 1996, remplacés par des analyses scientifiques.

6 / La Villa Seurat

Villa Seurat © VVVCFFrance

Contournez le réservoir de Montsouris par la rue de la Tombe Issoire pour rejoindre la Villa Seurat : l’un des joyaux cachés de Paris.

Pour la petite histoire : en 1926, l’architecte des peintres André Lurçat fait bâtir dans cette petite voie privée huit belles villas sur-mesure pour y accueillir les "Montparnos", les artistes fauchés de Montparnasse

Cette cité pour artistes rend hommage au peintre Georges Seurat et a accueilli, depuis, de célèbres peintres et écrivains comme Dali, Chaïm Soutine, Henry Miller, André Derain, Robert Couturier, Anaïs Nin, Antonin Artaud…

Le saviez-vous ? Au numéro 1 de la Villa Seurat, l’écrivain Frank Townshend vivait dans une maison-double qui compte donc tout en double (2 cuisines, 2 salles de bain, 2 ateliers…). Au numéro 4, la maison en forme de L appartient au peintre, céramiste et tapissier Jean Lurçat, frère d’André Lurçat. Au numéro 7bis, un style différent pour cette maison-atelier conçue par Auguste Perret pour la sculptrice russe Chana Orloff. Au numéro 18, c’est la maison dans laquelle l’écrivain américain Henry Miller écrivit son célèbre "Tropique du cancer". Il était venu s’y installer en 1931, hébergé par un ami.

Villa Seurat – Paris 14e

 Plus d’infos sur la balade Montparnasse et ses artistes

7 / La Cité Florale

Cité Florale, Paris © OTCP - Marc Bertrand

Pour continuer cette balade bucolique, direction l’arrondissement voisin : le 13e. À l’est du parc Montsouris, à l’ange des rues Auguste-Lançon et Brillat-Savarin, se cache l’une de ces si jolies cités fleuries dont Paris a le secret.

Le nom des rues de ce petit bout de village donne le ton : rue des Orchidées, rue des Glycines, rue des Iris… Les maisons en briques aux couleurs pastel sont couvertes de lierres et de glycines et leurs jardinets débordent de fleurs et de végétation. Des portails en fer forgé et des portes colorées rythment joliment cet agréable et charmant écrin de verdure en plein Paris…

Le saviez-vous ? La Cité Florale a vu le jour en 1928 sur des marécages qui imposaient une contrainte : bâtir léger !

Cité florale, accès par les rues Brillat-Savarin et Auguste-Lançon – Paris 13e